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Les accidents du travail – Histoires d’horreur

L’histoire de Candace

Je m’appelle Candace et je viens de Miramichi, au Nouveau-Brunswick.

Après ma première année d’université, j’ai accepté un emploi d’été à une papeterie dans ma ville natale. Avant que je commence à travailler, on a vérifié mon ouïe et ma vue pour assurer que je pourrais bien entendre et voir les signaux d’avertissement. Ensuite, j’ai reçu une formation en classe d’une durée d’une semaine qui comprenait des vidéos, des renseignements écrits et des discussions. Lorsque j’ai commencé à travailler à l’usine, on m’a jumelée avec un autre employé qui m’a montré les rouages.

Je travaillais comme ramasseuse de rejets, c’est-à-dire que je devais ramasser les bûchettes de papier qui tombaient sur le plancher. J’étais aussi responsable de l’entretien et du nettoyage des aires de travail.

Un jour, pendant le troisième été que je travaillais là, je me promenais en nettoyant le plancher lorsque j’ai décidé de passer par-dessus un transporteur à courroie qui traversait toute l’usine. On se servait souvent de ce raccourci. Les surveillants, les autres employés d’été, les employés permanents et même des groupes de visiteurs l’empruntaient sans même y penser. J’ai passé par-dessus la courroie et j’ai mis le pied au mauvais endroit, au mauvais moment.

Mon pied s’est pris au point de rencontre des dispositifs de la courroie. Je suis tombée par terre et le convoyeur a continué à avancer tout en tirant mon pied de plus en plus loin dans une ouverture si petite qu’un crayon surligneur n’y passerait pas. Un collègue m’a entendu crier et est venu m’aider. Le transporteur n’était muni d’aucun dispositif d’arrêt automatique d’urgence, mais mon collègue a réussi à arrêter la courroie et m’a sauvé la vie.

J’étais trop grièvement blessée pour me libérer. On a appelé une équipe d’entretien pour démonter le système et dégager ma jambe. Ma jambe est restée coincée pendant 25 minutes. Pendant ce temps, j’ai ressenti la pire douleur que j’aie ressentie de ma vie. Puisque je ne suis pas tombée en état de choc ou perdu connaissance, je me souviens de tout ce qui est arrivé.

Après qu’on m’a libérée, j’ai été transportée par ambulance à l’hôpital de Miramichi. Quand je me suis réveillée le lendemain, j’avais des pansements au pied gauche. On m’a transférée par ambulance à un plus gros hôpital, à environ une heure de là, où on était mieux capable de traiter des blessures graves. On a déterminé que la partie inférieure de ma jambe ne pouvait pas être réparée et qu’il fallait l’amputer.

Je ne me suis pas laissée abattre par cette nouvelle. J’étais tellement heureuse d’être en vie. Cela ne semblait pas si pire que de perdre mon pied. C’est alors que j’ai décidé que je ne perdrais pas mon temps et mon énergie à me demander pourquoi cela m’était arrivé à moi, à vouloir un résultat différent et à m’inquiéter de choses que je ne pouvais pas changer. Je me suis plutôt concentrée sur les choses que j’avais le pouvoir de changer pour aider mes parents. C’était plus difficile pour eux que pour moi.

J’ai été opérée et ma jambe gauche a été amputée au-dessous du genou. Lorsque j’ai quitté la salle d’opération, la douleur que j’ai ressentie était encore pire que n’importe quelle douleur que j’avais déjà éprouvée, même quand j’étais coincée sous la courroie. J’ai été hospitalisée pendant six jours après l’opération pour permettre à la partie de ma jambe qui restait de guérir. Pendant mon séjour à l’hôpital, j’ai été témoin d’incroyables actes de bonté et de soutien de la part de mes amis, de ma famille, de mes collègues et de mes voisins.

Quand le temps est venu de quitter l’hôpital, je suis retournée à Miramichi pour vivre avec mes parents. La première semaine à la maison était difficile car j’avais beaucoup de douleur du membre fantôme. Il s’agit de la sensation de douleur dans une partie du corps qui a été amputée. Heureusement, la douleur est devenue plus facile à gérer avec le temps et j’ai pu commencer à sortir et à faire les choses que je faisais avant mon accident. J’ai dû attendre environ deux mois avant de recevoir ma première prothèse et de commencer mes traitements de physiothérapie. Après une semaine de traitements, je marchais sur ma nouvelle jambe et j’étais prête à rentrer à la maison.

Ma prothèse a représenté le début d’un nouveau chapitre dans ma vie. Le fait de frôler la mort m’a fait comprendre qu’il n’y a pas de meilleur moment que le présent pour réaliser ses rêves, car il n’y a pas de lendemain pour tout le monde. Sept mois après l’amputation de ma jambe, j’ai voyagé au Mexique et j’ai ensuite parcouru l’Europe sac au dos.

Depuis ce temps, j’ai obtenu un baccalauréat en psychologie et j’ai même travaillé à Travail sécuritaire NB comme porte-parole auprès des jeunes. À ce titre, j’ai visité des écoles secondaires et des lieux de travail de la province pour partager mon expérience et parler de l’importance de la santé et de la sécurité au travail.

Si tu veux poser une question à Candace, voir ses annonces télévisées ou en apprendre plus au sujet de ses expériences, visite le site Passeport Sécurité.

L’histoire de Mélanie

Je m’appelle Mélanie et je suis originaire de Dieppe, au Nouveau-Brunswick. En 2001, soit la veille de mon 22e anniversaire, j’ai subi un accident grave au travail.

Mon emploi à temps partiel consistait à conduire des adultes atteints d’une déficience intellectuelle à des activités sociales les lundis soirs dans une fourgonnette pouvant accueillir 15 passagers.

Il faisait très froid le 12 février. Lorsque le temps est venu de ramener les participants, l’autre chauffeuse et moi-même avons réchauffé les fourgonnettes. Les deux véhicules étaient stationnés l’un devant l’autre. Une distance d’environ deux mètres les séparait.

J’ai vu de la glace à côté de l’un des véhicules, près de la porte où les participants monteraient. Pour assurer leur sécurité, j’ai suggéré que l’autre chauffeuse recule la fourgonnette un peu. Je me suis placée entre les deux véhicules pour la diriger.

Soudainement, j’ai vu que la fourgonnette reculait vers moi à toute vitesse. Je n’ai pas eu le temps de faire un bond pour éviter de me faire frapper. J’étais coincée. Le pare‑chocs a écrasé la partie supérieure de mes jambes et a fracturé mes deux fémurs.

J’ai commencé à crier « Avance la fourgonnette! » et à frapper la fenêtre arrière du poing. Je me souviens encore d’avoir crié; je ne savais pas que je pouvais crier comme ça.

La fourgonnette s’est déplacée et j’ai regardé mes jambes. Elles étaient déformées et ressemblaient à des arcs. J’ai paniqué et je me suis tirée par terre. J’avais peur que mes jambes se cassent en deux.

Pendant que j’attendais l’ambulance sur le sol gelé, mes collègues et les adultes atteints d’une déficience intellectuelle m’ont recouvert de leur manteau pour me garder au chaud.

Le fémur est le plus gros os du corps. Les gens perdent habituellement connaissance lorsqu’il se casse. Mes deux fémurs étaient fracturés. J’aurais aimé perdre connaissance, mais je rentrais mes doigts dans le sol et je me demandais : « Serai-je capable de marcher un jour? »

À l’hôpital, j’ai subi une opération qui a duré six heures. On a inséré des tiges de métal dans mes fémurs, et des vis dans mes genoux et hanches. On a fermé les incisions, dont certaines mesuraient 20 centimètres, à l’aide d’agrafes.

J’ai manqué un semestre à l’université. J’étais censée faire un voyage en Haïti dans le cadre d’un programme universitaire pour faire du bénévolat pendant un mois. Pour me préparer, j’apprenais le créole et j’organisais des levées de fonds. Cela m’a fendu le cœur lorsque le médecin m’a dit que je ne pourrais pas effectuer mon voyage au mois de mai.

J’ai perdu mon autonomie. J’étais à la merci des médecins, des infirmières et de ma famille. J’ai subi d’autres opérations pour faire enlever les vis et j’ai suivi des traitements de physiothérapie pendant deux ans.

Je continue de subir les répercussions de mon accident. Je dois rester en forme ou bien je marcherai en boitant. Lorsqu’il fait froid ou qu’il pleut, j’ai plus de difficulté à marcher. Je ne peux pas faire de randonnées sac au dos aussi souvent que j’aimerais le faire parce que mes hanches ne peuvent plus supporter trop de poids.

Malgré tout cela, j’ai appris énormément. Je ne tiens pas ma santé ou ma vie pour acquise. Je savoure chaque randonnée à pied, chaque excursion en canot, chaque lever du soleil ainsi que chaque moment passé avec ma famille et mes amis. Depuis mon accident, j’ai visité Haïti, le Nicaragua, le Panama et le Costa Rica. J’ai appris à arrêter et à réfléchir, et à exprimer mes inquiétudes si quelque chose semble ne pas aller.

Certains risques peuvent se révéler gratifiants, mais cela ne vaut pas la peine de prendre des risques insensés. Vous pouvez me croire. Je dirais aux jeunes travailleurs de connaître leurs droits et responsabilités à titre d’employé, et de penser sécurité!

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Liens

Pour lire d’autres histoires émouvantes au sujet d’accidents du travail, visite les sites suivants :

http://job-one.ccohs.ca/fr/realstories.htm

youngworkerquilt.ca

Remarque : Travail sécuritaire NB et le site de SécuritéJeunesse n’assument aucune responsabilité en ce qui a trait au contenu des sites Web cités. Il ne s’agit que d’une ressource offerte à titre de renseignement.

 

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